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Perelberg, R.J. (2013). Un père est battu : constructions dans l'analyse de certains patients. Rev. fr. psychanal., 77(1):170-193.
    

(2013). Revue française de psychanalyse, 77(1):170-193

Un père est battu : constructions dans l'analyse de certains patients

Rosine Jozef Perelberg

Cet article examine un fantasme que le travail du transfert fait émerger dans l'analyse de certains patients. Je suggérerai que le fantasme « un père est battu » joue un rôle important dans l'analyse de certains hommes en cela qu'il exprime la constitution de leur choix sexuel et de leur identification masculine ; c'est à travers la construction de ce fantasme dans les vicissitudes du transfert que ces patients sont capables d’élaborer symboliquement leur agressivité à l’égard de leur père et de trouver leur propre sens du temps dans la chaîne des générations.

« Au commencement était l'acte ! » C'est par ces mots que Freud conclut Totem et tabou, où il raconte l'histoire du père primitif, un tyran tout-puissant qui gardait toutes les femmes pour lui, et comment, un jour, les frères se groupèrent pour l'abattre et le dévorer, et mettre ainsi fin à son pouvoir. Le thème du meurtre du père est très présent dans les écrits de Freud qui oscille entre différents types d'interprétations, y voyant d'une part un événement réel qui s'est produit dans un passé lointain et a ensuite été refoulé, alors qu'il le considère d'autre part comme un mythe (Godelier, 1996). Un paradoxe apparaît ainsi : selon Freud, le meurtre du père est une condition nécessaire à la création de l'ordre social dans lequel tous les meurtres sont alors interdits. Le père ne doit toutefois être tué que métaphoriquement, car l’« élimination » du père est à l'origine de très nombreuses psychopathologies allant de la violence aux psychoses et aux perversions.

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